France et Russie : néogaullisme et intérêt mutuel

Brégançon, Moscou… Les échanges s’intensifient pour que revienne enfin la grande amitié franco-russe sur un plan diplomatique et politique.

A Moscou, lundi, deux ministres français et leurs homologues russes se sont rencontrés pour une réunion inédite. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré : « Le moment est venu, le moment est propice pour travailler à réduire la défiance ». C’est une confirmation du réchauffement entre les deux pays, symbolisé par la rencontre entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron.

Depuis 2012 et le début du mandat de François Hollande, les deux pays n’avaient pas organisé un tel entretien, surtout après le rattachement de la Crimée à la Russie. L’échange des 70 prisonniers entre Kiev et Moscou ont pacifié les relations tendues dans le Donbass. Un geste qui aurait enthousiasmé le président français.

En se posant comme médiateur international, Emmanuel Macron souhaite profiter des faiblesses de Boris Johnson et Angela Merkel pour s’affirmer comme leader. L’intérêt est partagé par son homologue russe qui veut être réintroduit dans le jeu diplomatique. Florence Parly, ministre des Armées présente à la réunion, a expliqué : « Nous n’avons pas toujours la même vision, mais il est important de pouvoir se parler ».

Attention à la Chine et aux résistances internes

Igor Alaboujine, expert moscovite, voit dans la main tendue de Macron la peur que les relations sino-russes n’éloignent définitivement l’Union européenne du champ international. La vision du président français serait donc « néogaulliste » : renforcer son amitié avec la Russie serait un moyen de mettre fin à la vassalité vis-à-vis de celui « qui trône à la Maison Blanche ».

Mais en France, il existe une certaine résistance. On a vu Macron confier ses craintes contre les ambassadeurs trop conservateurs, on lit dans la presse des éditos parlant d’un « dîner avec le diable » (République des Pyrénées). Rappelons que la relation franco-russe a toujours été forte, sauf depuis les années 1950. Il faudra donc des années de réchauffement pour repartir sur des bases saines. C’est le message de Russia Today : « Wait and see ».

Laisser un commentaire