La France acte son revirement diplomatique à l’égard de la Russie

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Le président a réuni les ambassadeurs français à l’Elysée. Son message : se rapprocher de la Russie. Et gare aux diplomates qui n’en feraient qu’à leur tête.

Sur le plan culturel et économique, les échanges franco-russes ont toujours été importants. Mais les avancées politiques ont toujours parues impossibles depuis De Gaulle et, aux entournures, Mitterrand. Après des années de dissensions sous Nicolas Sarkozy et François Hollande, le dialogue entre la France et la Russie n’a jamais été aussi près de reprendre. Macron a reconnu des erreurs. La principale : l’exclusion de la Russie du continent européen, désormais affaibli et en manque d’initiatives.

Après sa rencontre fructueuse avec Vladimir Poutine, Emmanuel Macron semble convaincu d’une chose : la Russie doit réintégrer le G7 (G8) et la France retrouver son poids international, main dans la main avec Moscou. Hier, le président a réuni son corps diplomatique pour dresser les nouvelles orientations. « Nous sommes en Europe, et la Russie aussi », a-t-il déclaré, reconnaissant « une profonde erreur » vis-à-vis des Russes.

Inscrire ce dialogue dans la durée, au-delà du quinquennat

Emmanuel Macron a déclaré : « Si nous ne savons pas faire quelque chose d’utile avec la Russie, nous resterons avec une tension stérile, nous continuerons d’avoir des conflits gelés partout en Europe, à avoir une Europe qui est le théâtre d’une lutte entre les Etats-Unis et la Russie, donc à avoir des conséquences de la guerre froide sur notre sol ». Il a donc enjoint les ambassadeurs à revaloriser l’alliance franco-russe et surtout, de ne pas ignorer cette consigne.

Un sommet aura lieu en septembre entre quatre chefs d’Etat représentant la France, la Russie, l’Ukraine et l’Allemagne. Le but est de mettre un terme définitif à la guerre dans le Donbass et faire respecter les accords de Minsk. Mais ne soyons pas naïfs pour autant. Ce basculement stratégique répond à des intérêts éphémères de la France. Il faut donc consolider ce lien dans le temps, et ne pas « jouer » avec le partenaire russe au gré de nos relations avec les Etats-Unis.

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