Pianiste professionnel né à Tchernivtsi en Ukraine, Alexandre Kukonin est arrivé en France en 2010. Il donne de nombreux concerts. INTERVIEW

Pianiste professionnel né à Tchernivtsi en Ukraine, Alexandre Kukonin est arrivé en France en 2010. Il est passé par le Conservatoire Piotr Tchaїkovski de Kiev et puis l’Ecole Normale de musique Alfred Cortot avant d’être plusieurs fois couronné de succès lors de concours. Depuis, il donne de nombreux concerts, comme au Centre spirituel et culturel orthodoxe de Paris, le 3 juin 2018. Il a accepté de nous parler musique, voyage, mais aussi de l’importance de bien choisir son sport lorsqu’on est pianiste.

Quand avez-vous su que vous vouliez être pianiste ?

J’ai commencé à six ans, mais j’ai véritablement su que cela allait être mon métier vers 12 ans.

Vous avez récemment joué, en duo avec la soprano Irina Kopylova, un récital de Sergueï Rachmaninov. Est-ce votre compositeur favori ?

J’apprécie beaucoup Rachmaninov. Il mélange l’âme russe avec les thèmes des nations de l’Est. Je le considère comme un génie.

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Les compositeurs russes sont-ils très différents des autres ?

Tout à fait différents. Et c’est normal. Les grands compositeurs germaniques ont vécu à une autre époque, les Russes sont apparus plus tardivement. Il y a quelque chose de très romantique chez Tchaїkovski et Rachmaninov ; puis chez Prokofiev, c’est aussi romantique, mais puissant, raide, cela donne une mélodie très belle.

Vous qui avez beaucoup joué en Ukraine, trouvez-vous le public français réceptif ?

Oui, le concert s’est bien déroulé. Il n’y a pas tellement de différence. Après, peu importe le pays, il y a toujours des gens pas bien éduqués en musique. Dans certains cas, le téléphone qui sonne ou les chuchotements sont des choses qui arrivent. Tout comme les applaudissements entre les mouvements. Mais au fil du concert, ils apprennent.

Pourquoi avoir quitté l’Ukraine ?

En Ukraine, il est très difficile d’être pianiste professionnel. Un, deux ou trois pianistes peuvent émerger, mais le public n’a pas un fort intérêt pour la musique classique. C’est dommage. Pour l’instant, je suis bien en France. C’est peut-être quand l’on revient avec un nom connu que, je suppose, tu commences à présenter un intérêt pour eux [les Ukrainiens].

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Vous faites de nombreux concerts caritatifs. C’est important, selon vous ?

J’ai joué pour les enfants orphelins et la recherche sur la sclérose en plaques. Il est très important de jouer gratuitement pour rassembler des fonds.

Votre métier vous amène à beaucoup voyager. Est-ce que ce mode de vie vous satisfait ?

J’aime découvrir de nouveaux pays [il est allé, notamment, en Italie et en Espagne]. Je ne suis jamais encore sorti de l’Europe, mais j’aimerais me produire aux États-Unis ou au Japon.

Combien de temps vous prend le piano ?

J’essaie de m’entraîner tous les jours, de deux à six heures. J’enseigne aussi activement.

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Vous faites également beaucoup de sport…

J’ai fait du tennis de table en compétition en Ukraine. Le niveau n’y était pas exceptionnel, j’y allais trois fois par semaine à 12-13 ans. Je faisais partie de l’équipe du conservatoire. En France, je me suis mis au badminton en 2012, et depuis 2014 je me suis tourné vers la natation, un excellent sport pour les pianistes.

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Pourquoi, la natation aide à mieux jouer ?

Pour la santé, c’est le meilleur sport qui maintient les muscles. Il renforce la colonne vertébrale et les muscles des épaules, souvent tendues après les répétitions. Contrairement au badminton, qui contient des risques par ses mouvements rapides du poignet. De plus, il développe toujours un côté plus que l’autre.

Propos recueillis par Paul LEBOULANGER

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Paul Leboulanger

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