nicolas ostrovski écrivain soviétique

Nicolas Ostrovski est l’un des plus fameux écrivains soviétiques du 20e siècle. Ses livres Enfantés par la tempête et Et l’acier fut trempé sont encore étudiés en Russie.

Un jeune talentueux en Ukraine

Nicolas Ostrovski est né le 22 septembre 1904 dans le petit village de Viliya, sur le territoire actuel de l’Ukraine, dans l’Empire russe. Il est élevé au sein d’une famille pauvre d’ouvriers, cinquième enfant de sa fratrie. Très jeune, on lui découvre ce qui semble être une capacité intellectuelle hors de la norme. Il est reçu à l’école de l’église de Viliya, où il étudie jusqu’à ses neuf ans. Son bulletin de fin de scolarité est excellent.

En 1913, il décide de travailler comme berger. Il suit ensuite sa famille à Chepetivka, où il entre dans une école élémentaire. Très vite, son professeur de lettres le fait renvoyer de l’école. En 1916, il trouve un nouveau travail, dans les cuisines de la gare de chemin de fer. Cependant, il est également renvoyé, l’année suivante, pour avoir dormi sur son lieu de travail. Parmi ses autres petits boulots, Nicolas Ostrovski est agent dans une centrale électrique ou employé dans un entrepôt.

Une carrière militaire au sein du Komsomol

L’activité politique de Nicolas Ostrovski commence très tôt, puisqu’à seulement 13 ans, en 1917, il décide de rallier la cause bolchévique. Lors de l’occupation allemande de Chepetivka, on dit que le jeune homme faisait les provisions pour les réseaux bolchéviques clandestins. En 1920, Nicolas Ostrovski rallie les jeunesses communistes – le Komsomol – avant de grossir les rangs de l’armée rouge. Lors de la guerre civile, il fait partie de la première armée de cavalerie de Semion Boudienny, sous les ordres du chef militaire Grigori Kotovski.

En août 1920, lors d’un combat non loin de Lviv, il est gravement blessé par un tir de schrapnel. Peu de temps après, il attrape le typhus. Le jeune communiste décide de revenir au combat, mais il est blessé à nouveau fortement. Il est donc démobilisé mais sert toujours dans le corps de milice du Komsomol. Il est d’ailleurs promu secrétaire d’une cellule locale du Komsomol.

Nicolas Ostrovski a rejoint l’armée rouge pendant la guerre civile.

Les premiers soucis de santé d’Ostrovski

En 1921, il suit une formation dans une école technique, tout en faisant office d’assistant électricien dans les ateliers de Kiev. L’année suivante, il participe à la construction d’une voie de chemin de fer, travail qui lui vaudra de cumuler typhus et rhumatismes. Il est envoyé à Berdiansk, près de la mer d’Azov, pour y suivre un traitement. Il est officiellement déclaré invalide en octobre 1922.

Cependant, cela n’arrête pas Nicolas Ostrovski, qui reprend le travail. Il est nommé commissaire de l’armée rouge pour le bataillon de Vseobuch, ainsi que secrétaire du Komsomol à Berezdov, dans l’Ouest de l’Ukraine. Sa trajectoire suit une certaine logique. Il est nommé à la tête d’un comité local à Izyaslav avant de rejoindre officiellement le Parti communiste.

Le premier roman, Enfantés par la tempête

Malgré sa combativité, Nicolas Ostrovski ne peut pas empêcher sa maladie de croître. Il est envoyé suivre un nouveau traitement à Kharkov en 1925. Il est ensuite interné dans un sanatorium en Crimée, en 1926. En décembre de cette année, une polyarthrite sévère lui réduit fortement la mobilité, il est alité le plus souvent. En août 1929, il perd la vue. Cette maladie se serait déclenchée à la suite de ses blessures lors de la guerre.

Le courage de l’écrivain Nicolas Ostrovski transcende la paralysie et la cécité. Il se met en tête de rédiger son premier roman, Enfantés par la tempête, en 1930. Son livre a une renommée impressionnante dans la Russie soviétique. Nicolas Ostrovski est invité à parler à la radio, à rédiger des articles pour les journaux. Il devient une figure pour les jeunes écoliers.

Peu avant sa mort, Nicolas Ostrovski a été décoré de l’Ordre de Lénine.

« Sache vivre quand la vie devient intolérable ».

Son succès lui permet de rejoindre l’association des écrivains prolétariens en 1932 puis la prestigieuse Union des écrivains soviétiques en 1934. L’année suivante, il est décoré de la médaille de l’Ordre de Lénine. Paralysé par une sclérose en plaques et une spondylarthrite ankylosante, aveugle, très souffrant, il décède le 22 décembre 1936.

Il n’a pas pu terminer la rédaction de son second ouvrage, Et l’acier fut trempé, sur la guerre civile, mais cette œuvre est devenue un classique. On y trouve notamment la merveilleuse citation : « Sache vivre quand la vie devient intolérable ».